La virtuosité
Voici un texte écrit il y a un an tout rond, jamais publié à ce jour… Comme mon avis n’a pas varié d’un iota, je le poste ici tel quel, sans en changer la moindre ligne.
Quand j’ai commencé à draguer, je voulais avant tout progresser en tant que personne. J’ai toujours marché au défi, défi dont le juge, le seul point de référence est moi-même.
Depuis, je suis passé par une multitude de phases. Les premiers succès et l’euophorie qui s’ensuit, le raccrochage systématique à des techniques aussi grossières qu’éprouvées, puis les premières déceptions, lassitudes, avant d’arriver à les dépasser et à franchir encore des stades supplémentaires, jusquà trouver un bonheur constant dans l’élaboration de mes propres règles, basées sur le respect, le naturel et la simplicité.
Mon rapport à la femme aussi a changé. Il partait d’une forme cristallisée de respect, comme tous les garcons élevés dans l’amour constructif de leur mère, avant de virer bêtement vers un mépris et une méchanceté aussi exagérée qu’imméritée. Aujourd’hui, et malgré la forme d’humour “taquine” adoptée dans mes textes, j’aime autant la femme qu’à l’époque où je ne connais rien de mes capacités de séducteur, voire encore plus. Je ne vois plus cet être comme prévisible, je vois un génôme humain qualifié par une détermination anthropologique et un ensemble de pression sociales. Exactement comme l’homme. Ce qui donne des conséquences prévisibles et répétitives. Exactement comme l’homme. Mais qui n’empêche pas l’unicité et la “génialité”. Exactement comme l’homme.
Je peux aujourd’hui si je le souhaite manipuler à l’extrême une femme et la rendre amoureuse en moins de sept heures. Mais je peux aussi manipuler un homme et devenir son meilleur ami en moins de sept heures. Qui est donc l’être le plus méprisable et le plus prévisible? Je pense que si je me réincarnais en femme et pouvais tester mes expériences sur les hommes, j’en concluerais sans nulle doute que c’est bien l’homme et sa faiblesse à la chair qui est de loin l’être le plus prévisible, quel que soit son niveau de culture ou de pouvoir.
La drague m’a donc apporté la paix avec les femmes. Le bonheur d’en avoir à mes côtés, car leur compagnie m’amuse toujours, mais l’indifférence absolue à la solitude. L’appréciation de moi même, de mes qualités. L’assurance indestructible basée sur le fait que je suis quelqu’un de bien (seul critère d’évaluation censé pour juger un homme).
La drague m’a également apporté une habilité à lire les femmes très rapidement, à deviner en moins d’une minute les possibilités multiples en cas de mise en couple, comme un expert des échecs peut deviner l’évolution de toute une partie sur les trois premiers coups. Je peux deviner si elle va être capricieuse, si elle est du genre à faire culpabiliser, s’il faut l’appeler deux fois par jour ou deux fois par semaine, si elle est instable, si elle a eu des traumas affectifs, si elle aime le sexe, si ses parents sont riches, et encore une soixantaines d’autres paramètres, en moins de temps qu’il faut à BHL pour influer sur une décision gouvernementale.
La virtuosité. Ce stade incroyable que l’on passe sans même s’en rendre compte. Ce stade où, une fois passé, on se rend compte qu’on ne voit plus rien de la même manière. Le stade que j’ai atteint le jour où je me suis rendu compte que je n’avais plus rien à me prouver à moi même (évidemment, cela faisait longtemps que je n’avais rien à prouver aux autres). Le stade que j’ai atteint le jour où j’ai compris que je pouvais séduire absolument n’importe quelle femme, sur n’importe quel continent (4 continents différents à ce jour), de n’importe quel âge, et de n’importe quelle condition sociale.
Ce stade où tout change, comme cette scène dans Matrix où Néo voit à travers des chiffres défilants. Ce stade où je n’ai plus à utiliser aucune technique pour séduire. Où mon seul naturel, de bonne ou mauvaise humeur, bien habillé ou en survetement, rasé ou barbu, me permet de récolter les numéros sans forcer, et de closer sans même faire le beau.
Le stade où, une fois dans une relation, je ne joue pas. Je réponds aux textos qu’on m’envoie dans les 5mn, je dis aux femmes “je t’aime beaucoup, j’ai très envie de te revoir”, le stade même où je peux arriver au rdv avec des fleurs, ou envoyer une carte postale avec des mots d’amour. Le stade de virtuosité, un stade où je peux agir comme un canard, tout en ridiculisant le prétendu “instructeur” en séduction.
Gardez cette image en tête, mais être un vrai Maître en la matière, c’est avant tout être un bon être humain, quelqu’un simplement désireux de respecter et d’aimer la femme, uniquement disposé à faire du bien et à distribuer le bien. Quelqu’un qui n’est là pour compenser aucune névrose, ne se venger de rien ni de personne. Quelqu’un qui met un point d’honneur à aider chaque femme rencontrée à gagner confiance en elle, à toujours vanter ses qualités, pour que la femme sorte toujours enrichie de la relation, quelle que soit sa durée.
Etre un vrai Maître en séduction, c’est comme être un Maître des arts martiaux. Savoir briser le cou de n’importe qui en 8 secondes, mais ne jamais faire usage de la violence dans l’ensemble de sa vie.